Au paradis du Paradigme

LIFESTYLERosepoudrée
Paradigme

Où comment craquer pour cette petite boutique pointue et branchée

Dans la catégorie petit boutique fétiche de Genève, je suis fan de Paradigme, repère de fashionistas expertes. On y fait des découvertes de petits créateurs de choix. À l'avant-garde des tendances, sa sélection de pièces de vêtements et de chaussures est séduisante, avec de quoi se faire plaisir et craquer sur des accessoires d'exception. J'y ai découvert Royal Blush, un chic fou, Chie Miahara.

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J'adore, même si c'est vrai que l'impertinence et la rareté ont un prix, mais on peut facilement dénicher des merveilles, dans le vide dressing permanent de Paradigme et lors des nombreuses soldes à l'année. L'équipe de filles qui gère cette caverne d'Alibaba sont de vraies passionnées, femmes de goûts, aventureuses et audacieuses, avec ce soucis des choses bien faites, des détails, de l'histoire du vêtement.

Elles défendent les petites marques, le savoir-faire, le choix des étoffes et des cuirs, les marques qui fabriquent local et qui n'externalisent pas leurs usines. La sélection homme est très fine aussi, avec des étoles à motifs, une pointe de rose bonbon, un chic de dandy. C'est admirable de découvrir que certains défendent véritablement l'exception, la mode essentielle et non la consommation de masse d'une mode uniformisée que l'on retrouve partout dans nos capitales.

C'est plutôt la volonté de trouver une chemise en flanelle, une petite robe de printemps que l'on croisera moins portée chez les autres, car on ne la trouvera pas partout. Et cette délicieuse petite robe légère nous transportera dans nos souvenirs, le plaisir que l'on a eu à l'acquérir, le jour où on l'a trouvé.J'adore faire ce type de shopping, découvrir une ville et y ramener le collier, la paire d'escarpins, ou la pochette du designer inconnu chez-moi, que je n'ai pu dénicher que là-bas et qui me remémorera ce souvenir d'une parenthèse enchantée.

Chez Paradigme, il y a un peu de cela. À la sortie du boulot, vous passez y flâner et vous êtes un peu transporté ailleurs, avec l'impression d'être unique et votre craquage intempestif deviendra peut-être le souvenir d'un moment que vous n'avez passé que pour vous, juste seule, dans votre bulle, à décrocher de votre routine. Vous repartirez alors avec une paire de gants ou une petite veste, prête pour une soirée avec votre amoureux ou entre copines, heureuse d'avoir trouvé un trésor. Le pied non? Je vous encourage à aller y flâner, car tout y est inspirant et à un moment ou à un autre vous y trouverez sans doute votre bonheur.

Interview

Corinne Métral, quand est née votre boutique et quelle est son histoire ?

J’ai rencontré Valérie il y a 25 ans. Passionnée par la mode et la culture en général, l’entente fût immédiate. Valérie avait fait des études en économie et moi de Lettres. En 1997, après plusieurs années d’expérience dans la vente et l’achat, nous avons décidé de créer notre propre structure, notre propre boutique multi-marques.

Comment vous est venue l'idée de nommer cette boutique Paradigme? 

Nous l'avons nommée Paradigme car on voulait se démarquer des autres boutiques qui portaient la plupart du temps des noms anecdotiques. Ce nom, en français, a une connotation plutôt intellectuelle. Il signifie l’exemple. Ce n’est pas nous qui sommes l’exemple. Ce sont les clients, par leur propre individualité et créativité, qui le deviennent. Nous, on propose et on accompagne et nous refusons les diktats.

Quelle est pour vous la définition du mot Paradigme?

On voulait peut-être aussi, inconsciemment, montrer que la mode vestimentaire n’est pas qu’une affaire superficielle, qu’elle est d’une part, du côté de l’intime, de la construction de soi et d’autre part, du côté du social, de l’image de soi et de sa résonance dans la sphère publique. Elle peut, actuellement, être également du côté du politique, avec la nouvelle tendance de la consommation éthique.Mais, il ne faut pas oublier qu’elle est surtout du côté de la création artistique, élément primordial pour une société saine.

Quels sont vos créateurs fétiches avec lesquels vous collaborez ?

Le concept de la boutique multi-marques, à cette époque, était déjà connu mais peu élaboré. Nous avons dès le début voulu mélanger des marques établies avec des marques beaucoup plus confidentielles. Actuellement on ne tend à se diriger que vers les secondes, ces petites structures sont souvent plus créatives et plus éthiques. Elles pensent le prêt-à-porter d’une manière plus globale, allant du créatif au politique en passant par l’éthique et la tendance.

Quelle est votre définition de la mode suisse ?

Au niveau du prêt-à-porter, la mode suisse est difficile à qualifier. Elle est malheureusement souvent hybride et peu construite, à part certaines rares exceptions. Les designers helvétiques ont souvent été se former ailleurs car, en Suisse, il n’ y a pas d’école compétente, pas de soutien, pas d’énergie dans ce domaine. Les choses sont certainement en train de changer avec le développement de la HAED qui met tout en œuvre pour devenir un lieu de formation important au niveau européen (excellent corps professoral, cellule de soutien post-école etc.) En Suisse romande, l’ambiance est devenue beaucoup plus positive, entreprenante, dynamique et c'est tant mieux. Mis à part cela, on a toujours travaillé avec des créateurs suisses: Agnès Boudry pour Collection 66, Aleksandra Winieska, Nathalie Rossel pour "Un chic fou", Jana keller pour "Royal Blush", "Flamingo". Par le passé nous avons travaillé avec "Ikou Tschuss" et "Bilali". Ces dernières ont malheureusement arrêté leur production.

Quels sont vos marques fétiches?

Nos marques fétiches pour le prêt-à-porter : "Roseanna", pour son audace et sa créativité, "Cédric Charlier", pour ses lignes épurées sophistiquées et son archi-tendance, "Indress" pour ses mélanges de mailles et soies au couleurs intemporelles et merveilleusement élégantes, Peter Jensen pour ses soies aux imprimés hallucinants et son côté halluciné, "Collection 66" pour ses tissus, ses imprimés et son petit côté rétro, "Warmi" pour ses mailles en baby alpaga qui viennent de nulle part, etc...

Pensez-vous que les accessoires sont des fondamentaux pour habiller une femme d'aujourd'hui ?

Les accessoires sont importants. Tels que les sacs "Le Sellier" pour leur facture (sac en cuir pleine fleur fait à la main par un petit artisan français) et leur minimalisme, les sacs M0851, pour leur légèreté et leur solidité, les gants "Fabre" pour leur élégance et leurs couleurs, les chaussettes "Bonne Maison" pour leurs imprimés et leur confection extrêmement soignée, les chaussures "Chie Miahara" pour leur excentricité et leur confort, les chaussures "Alberto Fermani" pour leur minimalisme, etc...

Si vous deviez prendre une création emblématique de chaque designer de Paradigme pour composer une silhouette, quelle serait-elle ?

La silhouette pour le printemps : une jupe fourreau "Cédric Charlier", un blouson "Roseanna", un sac cabas "Le Sellier", des sandales plates bi-colores "Chie Miahara".

Website Boutique Paradigme Adresse Paradigme // Masculin-féminin, 2, rue de la Terrassière, 1207 Genève © Photos Rosepoudrée