Karine Bauzin, photographe

DESIGNRosepoudrée
Karine Bauzin

My oh my Barbie Girl

Personnellement, j'ai toujours eu un certain faible pour la provocation dans l'Art, le subversif, le dérangeant. Parmi mes photographes de prédilection, Araki arrive bien sûr en tête, suivi de près par David Lachapelle et Gregory Grewdson, mais c'était sans compter ma rencontre avec Karine Bauzin, photographe Genevoise. Sa série de clichés sur les barbies m'a rappelé des images de la rapeuse Lill Kim, des débuts 2000, faussement "beach blonde", retouchée à l'excès, hyper sexualisé et comme plastifiée, maquillée à l'overdose. Image lissée et faussée d'une femme consommable. Qui n'a jamais été fasciné par les barbies aux proportions plus qu'improbables, trop parfaites... Je vous laisse découvrir.

Interview

Karine Bauzin, comment est née cette série sur les poupées barbie ? 

Etant enfant, je n'ai jamais été particulièrement attiré par les barbies...mais leur esthétisme ne me laissait pas indifférente. Je me suis alors demandée pourquoi cette figurine plaisait tant aux petites filles et pourquoi ne pas avoir un autre regard sur ces traits si parfaits. Le projet était donc de créer des images plus crues, moins glamour, limite effrayantes. Voilà pourquoi la série s'appelle "don't be afraid"

Comment t'es venue cette idée de travailler sur ce type d'objet, quel est le message derrière la poupée barbie ?

La barbie est universelle, elle inspire les enfants, puis les ados et les jeunes femmes rêvent de ses courbes. Barbie étant très codifiée, je voulais changer son image. Par la perfection de ses traits, elle nargue les femmes. Ces interrogations sur l'image de la femme et la représentation du corps sont identiques dans notre société moderne et cette collection de triptyques nous questionnent: chair/plastique, réalité/rêve, vivant/non vivant.

As-tu cherché à provoquer le spectateur ?

Provoquer bien sûr et manipuler...car la force de l'image est un grand de pouvoir de manipulation. Vous pouvez détourner une image, en lui donnant un tout autre sens. J'aime jouer avec cet esprit décalé et percuter le spectateur.

Cela me fait penser à quelques clichés de David Lachapelle, est ce que son travail t'as inspiré ?

Le travail de Lachapelle a été une source d'inspiration, surtout pour ses visuels très saturés, lisses et grotesques. J'apprécie beaucoup le travail de la photographe américaine Jill Greenberg qui fait pleurer les enfants... En fait, j'aime ce qui dérange!

© Photo Don't be afraid/ Site Web: Karine Bauzin